L’infertilité (I) : les troubles de la fertilité chez les femmes - Dr Nguyen Paris

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L’infertilité (I) : les troubles de la fertilité chez les femmes

 
Résumé : Le désir d’enfant peut venir se heurter à des troubles de la fertilité, présent dans l’un ou l’autre des parents ; dans un tiers environ des cas d’infertilité, le problème vient de la femme, avec une demi-douzaine de causes possibles.
 

Vouloir un enfant, c’est parfois le désirer en dépit des obstacles que la nature semble avoir semés sur le chemin des parents. Le désir d’enfant peut en effet se trouver en butte à des troubles de la fertilité qui suscitent impatience, incompréhension, voire désespoir.

Prévalence[1]

On appelle infertilité (et on parle donc de troubles de la fertilité) la difficulté à concevoir un enfant. Chez un couple qui n’utilise pas de contraception et a des relations sexuelles dans l’espace de la fenêtre de fertilité (les trois jours précédant et le jour suivant l’ovulation), la probabilité que survienne une grossesse se situe entre 20 et 25% (moins à partir des 35 ans de la femme). Si un couple a des rapports sexuels non protégés et réguliers durant au moins 12 mois sans concevoir, on peut commencer à parler d’infertilité.

En France, environ un couple sur huit (12-13%) consulte à cause de difficultés à concevoir et on estime (Enquête nationale périnatale et Observatoire épidémiologique de la fertilité en France, ENP et Obseff) que davantage encore, à savoir 15-25% des couples, sont concernés par l’infertilité au sens strict (un an de tentatives). Cependant, lorsque l’on étend à deux ans la période de tentatives de concevoir, l’infertilité tombe à 8-11% des couples.

Causes de l’infertilité

Avant la découverte de la fécondation par les spermatozoïdes au XVIIIe s. par Spallanzani[2] et surtout avant l’étude de l’infertilité masculine au XXe s., les femmes étaient presque systématiquement considérées comme responsables de l’infertilité[3]. Or, si dans environ 30% des cas, l’infertilité est due à la femme, dans plus de 20% des cas, elle est due à l’homme et dans plus de 30% aux deux (les causes se superposant et augmentant l’infertilité)[4]. Dans 10 à 25% des cas, l’infertilité n’est pas attribuable spécifiquement à l’un ou aux deux partenaires. On peut donc classer les causes d’infertilité en distinguant causes féminines et masculines :

[1] Daniel Vaiman, Luc Multigner et Nadine Binart, « Infertilité – Des difficultés à concevoir d’origines multiples », INSERM, 19 septembre 2019, https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/infertilite

[2] Henri Lamendin, Lazzaro Spallanzani (1729-1799) – Le père de la biologie médicale expérimentale, Paris, L’Harmattan, 2013.

[3] Claude Humeau, Procréer, Histoire et représentations, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 96 et 101.

[4] Philippe Granet, « Aspects psychologiques de l’infertilité conjugale et de sa prise en charge dans le cadre des procréations médicalement assistées », Devenir, Vol. 7, n° 2, 1995, p. 9 ; voir aussi https://ivi-fertilite.fr/questions-les-plus-frequentes/causes-infertilite/

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Causes de l’infertilité féminine

On recense six grandes causes d’infertilité féminine :

  1. Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) : c’est la première cause d’infertilité chez les femmes jeunes (au-dessous de 35 ans) et le syndrome concerne 10% des femmes en France ; il consiste en un dérèglement hormonal (inversion des rapports FSH/LH, avec en particulier un excès de production de testostérone, ce qui entraîne une rareté ou absence d’ovulation, donc une infertilité chez environ la moitié des femmes souffrant d’un SOPK[1]) ;
  2. Insuffisance ovarienne : c’est la première cause d’infertilité chez les femmes de plus de 35 ans, car, au-delà de la période optimale de fertilité (18-31 ans), la réserve ovarienne diminue et la moitié des femmes environ ne peuvent plus concevoir après 40 ans, presqu’aucune après 45 ans (seulement 21,3% des naissances en 2016 avaient lieu chez des femmes de 35 ans et plus) ;
  3. Insuffisance ovarienne prématurée : elle concerne de 2 à 4% des femmes en âge de procréer et consiste en une perte folliculaire anormalement importante, avec une absence de cycle menstruel et une ménopause précoce (avant 40 ans) ; cette affection est sans doute en partie génétique (mutations du gène FOXL2), mais peut-être aussi environnementale et elle peut également, après une chimiothérapie ou une radiothérapie, être provoquée par un syndrome de Turner ;
  4. Sténose tubulaire bilatérale : il s’agit d’une réduction de la perméabilité des trompes de Fallope (ce qui bloque le passage des spermatozoïdes vers l’utérus), souvent provoquée par une infection par des bactéries chlamydiae (Chlamydia Trachomatis) ;
  5. Endométriose : cette implantation de fragments de tissus de l’endomètre dans la cavité péritonéale, voire sur les ovaires, touche environ 10% des femmes et peut entraîner des troubles de la fertilité ;
  6. Anomalies utérines diverses : l’absence d’utérus (syndrome de Rokitanski), les polypes sur l’endomètre, les fibromes utérins, etc. sont des anomalies qui peuvent induire une infertilité.

Bien sûr, l’identification de l’origine d’une infertilité féminine requiert des explorations détaillées qui peuvent être longues et n’excluent pas pour autant une infertilité masculine conjointe. Il s’agit donc, en cas de mise en échec du désir d’enfant, de toujours s’interroger sur la possibilité que le problème vienne des deux parties du couple.

Dr. Nguyen Vinh-Phuong.

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